Pour l´ascension de l´Illimani, je n´avais pas particulierement envie de me retrouver avec un gamin de 12 ans en tongs et un lama decrepie en guise de guide. Sous les conseils de Philippe, Esther et Anette j´ai ainsi contacte Goncalvo, un guide des plus competents qui a meme obtenu son diplome de guide de haute montagne a Chamonix.
Jeudi matin, je suis donc parti plutot confiant pour l´ascension du mont Illimani. On a debute le periple par 5 heures de trajet dont 3 heures de 4*4 au travers de vallees magnifiques pour arriver a un petit village plante au pied de la chaine des Illimani. Pour finir cette premiere journee, 2 petites heures de marche tranquilles avant d´arriver au premier camp, a 4.600 metres. Le lendemain est une belle randonnee de 5 heures qui debute dans un pierrier pour arriver dans les premieres neiges du glacier. Depuis le camp de base a 5.500 metres, on jouit d´une vue splendide : d´un cote le lac Titicaca, de l´autre le volcan Sajama haut de 6.500 metres. Mais des le coucher de soleil, la temperature chute brusquement et c´est blotie dans les sacs de couchage, dans la tente que l´on passera la soiree puis une courte et difficile nuit. Le froid et une douce barre a mine qui me chatouille les tempes m´empecheront de dormir.
Reveil a 1 heure du matin pour un depart a 2 heures. Le froid glacial de la nuit rend moins risque la marche sur le glacier et puis de toute facon vu le programme de la journee, mieux vaut se lever tot ! Une fois equipes de tout l´attirail (cordes, crampons, piolets, casques, harnais...) on est chaud pour affronter la Pachamama (terre mere). Ca monte raide, il fait froid, y a du vent, il fait nuit, des crevasses partout, un manque cruel d´oxygene... une petite ballade au clair de lune sympa quoi !
Certains passages sont assez chaud et on doit autant se servir des piolets que de ses jambes pour monter. Une bonne petite frayeur au passage d´une crevasse : la plaque sur laquelle Goncalvo marchait (a 5 metres de cordes devant moi) s´est rompue... un gros craquement qui laissa apparaitre une faille de la crevasse sur laquelle il (nous ?) se trouve. Heureusement la plaque a tenu et on a pu passer sans encombre. On finira par arriver un peu avant 8 heures au sommet, a 6.450 metres d´altitude !!! Mais pas vraiment le temps de faire bronzette, le froid et le manque d´oxygene nous obligent a redescendre rapidement.
On rentrera au camp vers 10 heures ou je m´effondrerais dans la tente, de fatigue et de mal d´altitude. Apres une bonne heure de repos (meme si a 5.500 m c´est pas non plus un repos tres reposant !) on pli la tente et on redescend d´une traite jusqu´au village a encore 4 heures de marche... Mais la journee n´est pas encore finie : le 4*4 nous recupere et c´est repartie pour 4 heures de buggy sur les chemins Boliviens pour rejoindre La Paz et le confortable foyer d´Anette.
Les 2 jours suivants ont ete plutot calmes et se sont principalement articules autour de grandes nuits ! J´ai quitte La Paz lundi apres midi pour Copacabana, sur les bords du lac Titicaca. D´un point de vue transports, j´ai ainsi pu decouvrir ce que signifiait mini-bus en Bolivie : un bus tout petit (comme son nom l´indique) mais ou on met autant de gens, bouteilles de gaz, cagettes de fruits et legumes, marchandises ou autres que dans un grand bus. Bah oui.
D´un point de vue culinaire, j´ai a nouveau fait les frais de l´hygiene Bolivienne. Une omelette de legumes (une simple omelette !) me renverra a mes douloureux souvenirs de saucisses de lamas. Mais la beaute du lac Titicaca vaut bien quelques peripeties. Un bleu azur dans un paysage au passe culturel important, avec en fond les sommets enneiges des Andes, c´est plutot pas mal ! Des petites ballades depuis la cote et une journee d´excursion sur l´ile du soleil m´ont permis de bien profiter des lieux.
Aujourd´hui jeudi, j´avais prevu de passer au Perou. Mais, d´un point de vue “oublie pas que t´es en Bolivie”, ca n´a finalement pas ete possible. Au moment de passer le poste frontiere, la police nous a avertie que la route etait fermee pour cause de blocage. Depuis le temps qu´on me parlait des fameux “bloqueos”, j´en fait enfin les frais. Quelle chance !
Normalement, la route devrait etre ouverte demain, donc si par une anormale coincidence tout se passe comme prevu, je dormirai au Perou demain. Inch Allah ! |